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Quel cynisme, après ce mail adressé aux salariés, l'annonce quelques heures plus tard de la suppression de 20 000 emplois.

Dear Colleagues,

Today we have published our financial results for the second quarter and first half of 2007.

We also outlined the steps we now plan to take to accelerate our performance, building on the achievements of the last two and a half years.

The overall message today is a positive one: we have regained our competitiveness, growing consistently and profitably. We are showing that we can, once again, be a top performer. The increased share price seen in recent months is a good indication of the mounting confidence in our business.

These are good results and I want to thank everyone for their hard work and dedication during a period of rapid change for the company.

Let me just conclude by thanking you once again for all of your efforts during the first half of 2007. We can take pride from what has so far been achieved. And we can look forward to an opportunity now to take Unilever’s performance to the next level.

Patrick

 

 

Nous sommes certain que Mr Cescau n'a pas eu le guide de bonne conduite des affaires que vous avez adressé à l'ensemble des salariés.   

Un gros malaise sur le site ou les salariés sont inquiets et révoltés, la direction a le toupet de désigner la CGT comme étant responsable de cette situation. Il ne faut pas faire peur aux salariés nous dit elle, comme si l'annonce avait été faite par nous !!!!!!!!!!!

On croit rêver.

Heureusement que nous avons de l'humour, rendez vous en septembre, nous serons là .

A part çà la direction se veut rassurante , un site en pleine croissance comme Duppigheim 2 .......BLA BLA BLA, BLA BLA BLA.

Tout va bien, pas de danger le navire tient bon.................

Photos Duppi 2 du 06 Aout 2007

      

     Il prend l'eau de tous les côtés mais à part ça.

  

  Tout va bien

 

http://www.humanite.fr/2007-08-06_Politique_Unilever-Merci-pour-tout-vous-etes-vires
06/08/2007

Unilever. « Merci pour tout, vous êtes virés »

Licenciements boursier . Unilever réalise des bénéfices faramineux. Le PDG félicite ses 180 000 salariés et annonce 20 000 suppressions d’emplois, surtout en Europe.

Unilever va très, très bien, merci, mieux ça serait scandaleux. Jeudi dernier, la multinationale de l’agroalimentaire et de l’hygiène (savons, cosmétiques, lessives, détergents) a communiqué ses résultats financiers du deuxième trimestre 2007 à Rotterdam (Pays-Bas) : bénéfice net de 1,2 milliard d’euros sur trois mois, en augmentation de 16 %. Ces profits faramineux confirment une cuvée déjà insolente en 2006 : bénéfice net de 5,4 milliards d’euros, en hausse de 26 %, et chiffre d’affaires de 39,6 milliards d’euros (+ 3 %). À chaque fois, ces performances dépassent les attentes des analystes qui, pour 2006, tablaient par exemple sur un bénéfice net compris entre 4,25 et 4,5 milliards d’euros pour Unilever. Du coup, dans la matinée de jeudi, Patrick Cescau, le patron français, mais avec une pointe d’accent british, à la tête du conglomérat anglo-néerlandais depuis 2005, a pris la peine d’adresser aux salariés du groupe pourvus d’une adresse e-mail ses plus vives et chaleureuses « félicitations ».

Dans la foulée, en marge de la présentation des comptes, le même Patrick Cescau a, quelques instants plus tard, dévoilé ses projets d’avenir à la presse : concentration accrue sur certaines marques et poursuite de la cession des moins rentables, et surtout, d’ici à 2010, suppression de 20 000 emplois (sur un total de 179 000 dans le monde) par le biais de la fermeture et de la « rationalisation substantielle » de 50 à 60 usines de production (sur 300 dans le monde). La Bourse d’Amsterdam a immédiatement salué le geste : en séance, le cours de l’action Unilever a augmenté de 4 %.

« Il est trop tôt pour dire quelles sont les régions du monde et les emplois concernés », prévient Gerbert van Genderen Stort, porte-parole de la multinationale. Mais les tendances lourdes parlent d’elles-mêmes : depuis 2000, le numéro trois mondial des produits dits de grande consommation est engagé dans une vaste restructuration permanente qui frappe en particulier l’Europe de l’Ouest. « En sept ans, nous avons fermé ou vendu plus de cent usines », se vante devant les journalistes financiers Patrick Cescau. En 2000, Unilever comptait 295 000 salariés sur la planète ; en 2007, avant les nouvelles « coupes » annoncées la semaine dernière, ils ne sont déjà plus que 180 000. Et, en Europe, le nombre d’employés de la multinationale est passé de 80 000 en 2000 à 44 000 en 2007. « La majorité des restructurations concernent l’Europe », avoue sans fard le PDG du groupe, avant de minauder dans un entretien au Figaro de vendredi : « Nous avons une idée très précise de ce programme mais il n’est pas complètement abouti. Nous voulons d’abord en discuter avec nos partenaires sociaux. »

Un plan social chasse l’autre

Alors que Patrick Cescau vient, en mai dernier, de recruter, pour le poste de président d’Unilever, le Suédois Michael Treschow, surnommé « Mac the Knife » (Monsieur Couteau) chez Ericsson et Electrolux pour sa propension à tailler dans la masse salariale et à organiser les délocalisations, le « dégraissage » promet d’être violent. L’objectif pour les dirigeants d’Unilever, c’est de « réduire de 1,5 milliard d’euros par an les coûts engendrés par le personnel jusqu’en 2010 », afin qu’à terme, la marge opérationnelle - la « profitabilité » chère aux investisseurs - tourne autour des 15 %.

Au siège national d’Unilever France, à Rueil-Malmaison, le service de communication estime que « le groupe a déjà fait un gros travail en France », mais qu’« il n’est pas terminé ». La comptabilité et les services informatiques ont été externalisés fin 2005 : IBM et Accenture, qui disposent de centres de gestion en Inde, aux Philippines, au Brésil, en Pologne ou en République tchèque, ont emporté le marché. Implantée à Schaffhouse, en Suisse, une centrale s’occupe désormais de tous les achats des matières premières pour la multinationale, ce qui, en plus de la « rationalisation » des achats, permet de transformer les usines en « centres de coûts » et la centrale d’achat, basée sur un territoire d’un canton bien connu comme paradis fiscal, en « centres de profits ». Et, dans tous les pays, la réorganisation à grande échelle d’Unilever, pompeusement baptisée « Unilever One », offre l’occasion de réduire le nombre de postes dans les fonctions administratives et dans le management : en Italie, par exemple, le siège d’Unilever est en train de passer de 1 500 salariés à 900. À Rueil-Malmaison, Unilever tente de supprimer, depuis plusieurs mois, 200 postes (sur 1 300 salariés).

Accablés, mais pas surpris, les syndicats de la multinationale. « Nos groupes réalisent des bénéfices vertigineux, à deux chiffres pour certains, et ne nous laissent que des licenciements sociaux à gérer, indique la fédération CFDT de la chimie, dans un communiqué. Le nombre des emplois en France dans le secteur détergents-cosmétiques a baissé de plus de 50 % en dix ans alors que les bénéfices se sont envolés et que la rémunération des dividendes donne le vertige. » Depuis plusieurs années, à travers délocalisations, externalisations, réorganisations, cessions d’activités et fermetures de sites, les salariés font les frais de la financiarisation accrue de la multinationale. « Je pense que, dans les cinq prochaines années, cinq des sept usines d’Unilever aux Pays-Bas seront parties si nous n’arrivons pas à stopper le processus à l’oeuvre, déplorait le syndicaliste hollandais Lucas Vermaat, en 2005. Elles auront été délocalisées vers les pays à bas coût. »

Une seule solution, la délocalisation ?

En France, où Unilever emploie encore 4 500 personnes au siège national et dans dix sites de production (voir notre infographie), l’inquiétude est très vive aussi. À Duppigheim (Bas-Rhin), les 500 salariés des deux usines Knorr (soupes en briques antiseptiques et aliments lyophilisés) observent, avec inquiétude, le projet, annoncé au printemps, de « transfert » de leur centre de recherche et de développement en Pologne (lire ci-contre). « Les usines du groupe sont en concurrence entre elles au niveau européen, observe Patrick Dubois, délégué FO des sites bourguignons Amora et Maille. En France, nous vivons dans la crainte de délocalisations. La fabrication des vinaigrettes a déjà été déplacée vers la République tchèque. Étant donné le coût de production des sauces sur le site dijonnais, nous sommes inquiets et nous avons alerté à plusieurs reprises les pouvois publics sur les risques de fermeture. » Après avoir bataillé l’hiver dernier pendant plusieurs mois contre Unilever qui voulait supprimer 60 emplois (sur 250) sur le site de production des thés et infusions Lipton, à Gémenos (Bouches-du-Rhône), Olivier Leberquier, délégué CGT, démonte l’argument en Europe de l’Ouest : « On parle beaucoup du coût du travail, mais il faut savoir que sur une boîte de sachets de thé vendue entre 1,7 et 2,40 euros, le coût des salaires, charges comprises, des salariés de Gémenos est à peine de 14 centimes… Que faut-il faire de plus ? »

Thomas Lemahieu

 

http://www.humanite.fr/2007-08-06_Politique_-De-la-poudre-aux-yeux-pour-la-Bourse
06/08/2007

« De la poudre aux yeux pour la Bourse »

Chez Knorr, dans le Bas-Rhin, les 500 salariés ont le sentiment de n’être plus que des « numéros ».

« Les gars, ils sont blasés, témoigne Léa Vaché, déléguée CGT dans une des deux usines Knorr de Duppigheim (Bas-Rhin). Les annonces de 20 000 suppressions d’emplois chez Unilever, ça ne les étonne pas du tout Quand tu vois qu’ils n’arrêtent pas de licencier, tu penses forcément à un moment ou l’autre que ça va te tomber dessus. Pour le moment, on ne sait rien, en fait, mais les salariés sont déjà bien démotivés par des années de pressions du même type. On n’a plus l’impression de travailler pour une entreprise pour laquelle on compte, on n’est plus que des numéros. »

Deux mois après l’annonce de la délocalisation à Potsdam (Pologne) du centre de recherche et de développement Knorr en Alsace, la trentaine de salariés concernés par le transfert continuent de batailler contre cette perspective qui pourrait bien condamner à terme les deux sites locaux de production (500 salariés au total). « Tout est stoppé pour le moment à cause des vacances, relate la syndicaliste. Nous, on fait des produits aseptiques, c’est assez compliqué, mais le jour où ils auront mis au point les process en Pologne, on peut penser qu’ils ne vont pas se gêner pour délocaliser. À terme, c’est sans doute ce que la direction d’Unilever vise. Pour le moment, on nous a certes renouvelé il y a quatre ans le parc de machines dans l’usine, mais elles sont en location et donc rien n’empêche de prendre les bécanes pour les monter en Pologne. »

Sur le fond, comme ses cousins sur les autres sites en France ou aux Pays-Bas, Léa Vaché conteste la pertinence du plan annoncé jeudi dernier du point de vue industriel. « C’est de la poudre aux yeux pour la Bourse, dénonce-t-elle. Avec les diverses externalisations, les usines marchent moins bien qu’avant : maintenant, quand on a un problème informatique, on doit appeler un numéro et ça met parfois plusieurs jours pour se régler. On casse l’outil de travail comme ça ! Et avec les 20 000 emplois supprimés, qui va produire les richesses d’Unilever ? Une fois de plus, les résultats ne seront pas au rendez-vous, j’en suis sûre. »

Propos recueillis par T. L.

http://www.humanite.fr/2007-08-06_Politique_-Rentables-chez-nous-c-est-possible
06/08/2007

« Rentables chez nous, c’est possible »

Aux Pays-Bas, où le siège social du groupe est toujours implanté, les syndicalistes contestent un plan « stupide ».

Né de la fusion en 1929 entre le batave Margarine Unie et les Lever Brothers anglais, Unilever conserve encore aujourd’hui son siège social à Rotterdam aux Pays-Bas. Moins par sentimentalisme que par pur calcul : le pays est connu pour abriter les sièges sociaux de très nombreuses multinationales, alléchées par des taux d’imposition sur les sociétés plus bas qu’ailleurs en Europe de l’Ouest. Aux Pays-Bas, les salariés d’Unilever ne se font aucune illusion sur l’éventuel « patriotisme économique » du mastodonte mondialisé.

« Nous nous bagarrons contre les fermetures programmées aux Pays-Bas, explique à l’Humanité Egbert Schellenberg, secrétaire du syndicat FNV chez Unilever. On essaie d’expliquer que c’est possible d’avoir des usines rentables, même chez nous ! Mais pour cela, il faudrait investir dans les différents sites de production, les équiper avec la technologie la plus récente. C’est exactement le même problème que dans les autres usines du groupe en Europe. »

Pour Egbert Schellenberg, le nouveau plan de suppression de 20 000 emplois est « stupide ». « Il y a cinq ans, reprend-il, Unilever a engagé son plan de réduction du nombre de marques et de salariés. Cela n’a absolument pas aidé Unilever à améliorer ses performances. Et l’annonce qui vient d’être faite ne changera rien. Une impasse, ça reste une impasse. On voit bien la tendance d’Unilever à quitter l’Europe de l’Ouest pour aller faire fabriquer ses produits dans les pays à moindre coût. Avec nos collègues de toute l’Europe, il est nécessaire de se battre contre ces projets. Nous avons notre mot à dire parce que, derrière les déclarations du management, ce que nous ressentons chaque jour un peu plus, c’est qu’Unilever, pris dans sa course avec Nestlé, n’a en fait pas vraiment de stratégie et que ses patrons ne savent pas vraiment où ils vont. »

Propos recueillis par T. L.

http://www.humanite.fr/2007-08-06_Politique_Unilever-et-les-pays-faciles
06/08/2007

Unilever et les « pays faciles »

« Il y a des pays où les réformes et les projets de restructuration sont plus difficiles à mener qu’ailleurs, distille Patrick Cescau, PDG d’Unilever, dans un entretien, vendredi, au Figaro. À ce sujet, la France n’est pas un pays facile. » Très porté sur les « marchés émergents », le groupe Unilever semble aussi beaucoup apprécier le climat propice aux affaires qu’offrent parfois les grandes puissances du Sud. En juillet 2005, Hindustan Lever, la filiale d’Unilever en Inde, a cédé son usine de Mumbai, qui employait 900 salariés, à une entreprise qui l’a fermée deux mois plus tard. Appuyé par l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation (UITA), le syndicat local a porté cette « vente et fermeture frauduleuses » en justice : il attend toujours que la multinationale respecte l’interruption du processus de fermeture décidée par le tribunal. À Vinhedo au Brésil, après une grève qui a été brisée avec le concours de la police militaire, la CUT et la fédération des salariés de l’industrie chimique ont notamment dénoncé des pressions sur les travailleurs afin qu’ils se désaffilient. En avril 2007, l’Organisation internationale du travail (OIT) a condamné les « pratiques antisyndicales » d’Unilever au Brésil.

T. L.

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