

JUILLET 2003 Dernières
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Au ralenti
C'est en effet ce 1er juillet qu'une grève était lancée par les
85 personnes travaillant à la production dans cette unité qui fait partie
du groupe Unilever Bestfoods France. Appelée Duppigheim 2 et implantée ici en 1991, elle
emploie 242 personnes et produit des sauces et des soupes en briques sur
un marché en pleine expansion. Touchée cependant de plein fouet par
ce mouvement, l'unité "briques" tourne depuis au ralenti avec une ligne de
production seulement en fonctionnement sur cinq. L'autre usine Knorr, située tout à côté, fabrique les
célèbres sachets de soupes déshydratées et emploie 270 personnes, elle
n'est pas touchée par cette grève.
Bras de fer
Au départ, les revendications des salariés de Duppigheim 2 portaient sur les conditions de
travail et les salaires, mais bien vite les grévistes se sont focalisés
uniquement sur les salaires en demandant une augmentation assortie de
primes. Mais le fossé entre l'intersyndicale CGT, FO, CFTC et CFDT et les
dirigeants s'est révélé beaucoup trop large et au fil des négociations et
même d'une décision de justice -ordonnant la levée du blocus de l'usine,
ce qui fut immédiatement fait-, il ne s'est jamais comblé. Même la
venue du patron d'Unilever Bestfoods France M. Desforges et la nomination
d'un médiateur n'a pas réussi à débloquer une situation qui tourne, c'est
une évidence, au bras de fer. Au grand regret du directeur Guirec Daniel
qui estime que « nous avons proposé le maximum de ce que nous
pouvions faire. Knorr n'ira pas au-delà
et ne s'alignera pas sur les chiffres des syndicats (ndlr : 25 €
d'augmentation des salaires plus une prime exceptionnelle de
1 000 € assortie d'une prime d'équipe). Il y va de la survie de
l'entreprise ». Et le dirigeant déplore un conflit qui aura
immanquablement des répercussions, « car l'unité alsacienne était
bien cotée dans le groupe Unilever, l'avenir nous dira si Knorr nous maintiendra sa confiance et n'ira
pas voir ailleurs. »
Il faut savoir s'arrêter
Et même si le mot délocalisation n'a jamais été lâché, Guirec
Daniel rappelle que les pays d'Europe de l'Est offrent des coûts de
production bien moindres. « Nous faisons un geste en appliquant cette
augmentation unilatérale de 25 € sur les salaires mais nous ne
pouvons accorder une prime de cette importance, c'est irréaliste ! Il
fait savoir arrêter une grève » conclut-il Une partie de ce
message semble être passé chez beaucoup de non-grévistes qui se
désolidarisent d'un mouvement qui selon eux va droit dans le mur.
« Nous mettons l'avenir de l'usine et donc notre avenir en jeu et
j'ai une famille à nourrir » lance Lucien, très amer. Un constat
corroboré par Hubert : « Nous avons obtenu quelque chose,
maintenant il faut s'arrêter. » Mais du côté des grévistes et
même après 30 jours de grève, le bloc ne s'est pas fissuré. « Nos
revendications présentées par le médiateur sont légitimes, nous ne
céderons pas. Ça passe où ça casse. » A Duppigheim, le bras de fer continue.
Rodolphe Hammann ---------------------------------------------------------------------------------------------








Jeudi 10 Juillet 2003
Duppigheim
Grève à Duppigheim : les Knorr déterminés
Va-t-on vers une épreuve de force comme celle qui avait paralysé le site
durant près d'un mois, au début de l'été 1999 ?
« A l'époque, le conflit avait porté sur la réduction et l'aménagement du temps de
travail. Aujourd'hui, les revendications sont d'ordre salarial, nous déplorons
également des conditions de travail particulièrement pénibles et dénonçons le
comportement relationnel de la direction de l'usine avec ses salariés », résume Léa Vaché,
au nom de l'intersyndicale (CGT, CFTC, CFDT, FO) de l'entreprise.
Résultat semble-t-il d'un « malaise latent », le mouvement affecte la production
de potages et de sauces aseptiques dans l'une des deux usines Knorr implantées sur
le site de Duppigheim où travaillent au total 500 personnes. 85 % des 233 salariés
de Duppigheim 2 sont en grève et seule une ligne de production, sur six, est en mesure
de fonctionner. Les salariés en grève ont déjà mené plusieurs actions symboliques ils
se disent « décidés à durcir le mouvement » s'ils n'obtenaient pas satisfaction.
Une réunion est prévue avec la direction générale ce matin.
Mercredi 16 Juillet 2003
Duppigheim
Knorr
: le mouvement se poursuit
Entamée le 1er juillet, la grève
d'une partie des ouvriers de l'usine des « briques » Knorr
(Unilever-Bestfood France) à Duppigheim continue. Hier matin, 13
salariés-grévistes de cette unité qui fabrique des potages et des sauces en
briques et emploie 233 personnes - l'autre unité fabrique des produits
déshydratés et n'est pas touché par le mouvement - ont été assignés par la
direction devant le TGI de Strasbourg. La décision de justice sera rendue
ce matin mais d'ores et déjà l'intersyndicale FO, CFDT, CFTC et CGT a convenu de
débloquer l'un des barrages empêchant l'accès des camions à l'usine des produits
déshydratés. Rappelons que les ouvriers en grève (80% selon les sydicalts)
demandent des augmentations salariales. Ces chiffres sont fortement contestés
par la direction qui stigmatise des demandes d'augmentation
« irréalistes » de l'ordre de 20 %. « Nous proposons
5 % qui s'ajoutent aux augmentations déjà accordées au mois de mars et ne
pouvons aller au-delà sans mettre en péril l'entreprise » martèle Daniel
Guirec, PDG de l'unité « briques ».
R.H.
mercredi 16 juillet
2003, 12h26
Alsace - La justice
ordonne la levée des barrages chez Knorr
STRASBOURG, 16 juillet
(Reuters) - Le juge des référés du tribunal de grande instance de Strasbourg a
ordonné mercredi la levée des barrages mis en place par les grévistes devant
l'usine Knorr (Bestfoods-Unilever (London: ULVR.L -actualité ) ) de Duppigheim
(Bas-Rhin) et confié une médiation au directeur départemental du travail, a-t-on
appris de source judiciaire.
Demandée par la direction, la levée des
barrages qui bloquent depuis vendredi les flux de matières premières et de
produits finis a été assortie d'une astreinte de 100 euros par infraction
constatée.
"Nous allons lever les barrages", a indiqué à Reuters Léa Vaché,
porte-parole de l'intersyndicale CGT, CFDT, CFTC, FO.
Une majorité du
personnel de production de l'unité de fabrication de soupes et de sauces en
brique est en grève depuis le 1er juillet pour obtenir une augmentation de
salaire de 100 euros et une prime exceptionnelle de 1.500 euros.
Mardi, les
grévistes avaient fait un premier geste en débloquant les accès de l'usine de
produits déshydratés qui n'est pas touchée par le conflit social.
Les
syndicats ont rendez-vous mercredi soir avec le directeur départemental du
travail, pour une première réunion.
Knorr, qui appartient au groupe
anglo-néerlandais Unilever , emploie 270 personnes à Duppigheim dans son unité
"déshydratés" et 230 personnes dans celle qui fabrique du potage en briques.
/GR/GK

mardi 15 juillet 2003, 18h25
France/Alsace - Les grévistes de Knorr assignés en référé
STRASBOURG, 15 juillet (Reuters) - La direction de l'usine Knorr
(Bestfoods-Unilever (London: ULVR.L -actualité ) ) de Duppigheim (Bas-Rhin) a
assigné mardi les salariés grévistes en référé devant le tribunal de grande
instance de Strasbourg pour entrave à la liberté du travail, a-t-on appris
auprès de la direction et des syndicats.
Cette procédure a été engagée après
la décision de l'intersyndicale CGT, CFDT, CFTC, FO, vendredi, de bloquer les
accès au site qui produit des potages en sachet et en brique.
Le tribunal
rendra son jugement mercredi.
Dans l'attente, les syndicats ont accepté de
libérer l'entrée de l'unité de produits déshydratés, qui n'est pas concernée par
une grève déclenchée voici quinze jours, pour des raisons salariales, par le
personnel de production de soupe liquide.
Après avoir d'abord revendiqué 300
euros pour tous, l'intersyndicale continue de demander une augmentation de 100
euros, une prime d'équipe de 50 euros "sans conditions" et une prime
exceptionnelle de 1.500 euros équivalente à celle offerte aux salariés qui sont
passés de l'unité "déshydratés" à celle des produits "aseptiques".
Cela
équivaudrait à une augmentation "de l'ordre de 10%" des salaires, selon le
directeur du site, Daniel Guirec, qui juge la demande "démesurée". La direction
propose une majoration des salaires de 25 euros par mois, une prime
exceptionnelle de 800 euros et une prime d'équipe de 50 euros, mais à des
conditions que les syndicats refusent.
La grève est suivie par quelque 80
personnes, correspondant à 85% du personnel de production selon les syndicats,
54% selon la direction.
Knorr, qui appartient au groupe anglo-néerlandais
Unilever emploie 270 personnes à Duppigheim dans son unité "déshydratés" et 230
personnes dans celle qui fabrique du potage en briques. /GR/GK 
Des personnes extérieures à la société pensait qu'il s'agissait d'un gréviste, dur ! dur !

Vendredi soir vers 22h, un cadre Mr M.F. est venu sur le piquet de grève et a annoncé à
plusieurs personnes dont le Délégué syndical CFDT, qu'au mois de septembre la décision de fermeture d'un site de production
de sachets déshydratés allait être prise.
Des propos graves car annoncé en avant première aux grévistes du site Brique


Nous avons appris que les non grévistes avaient également envoyés un courrier à la Direction Générale avec leurs revendications, en clair il y a un mouvement des grévistes et un des non grévistes, de plus les AM ne sont plus contents non plus car si les
revendications des ouvriers aboutissent ceux ci gagneront plus que les AM.
LA PAGAILLE TOTALE
Communiqué de Presse de l'Union Départementale
Jeudi 24 Juillet 2003
Duppigheim
Knorr : 4e semaine de grève
Le conflit se poursuit à Duppigheim où les salariés de l'un des deux sites Knorr,
du groupe Unilever Bestfoods France, viennent d'entamer leur quatrième semaine de grève.
Le mouvement est porté par environ 85 % (tous employés à la production) des 233 salariés
de "Duppi 2" et seule une ligne de production, sur six, fonctionne. Hier matin, un
rassemblement de délégations syndicales du département et un meeting se sont tenus
devant l'usine en signe de soutien avec les salariés qui revendiquent de meilleures
conditions de travail et de rémunération. Après l'échec des négociations qui se sont
déroulées la semaine dernière à l'Inspection du Travail (DNA du 19 juillet), l'intersyndicale,
a demandé hier à la direction nationale de Knorr de réengager, « de suite »,
de nouvelles négociations, tout en réaffirmant sa « détermination à poursuivre le combat ».

Samedi 26 Juillet 2003
Duppigheim
Knorr à Duppigheim : retour à la case départ
Le conflit chez Knorr à Duppigheim qui a débuté le 1er juillet et entamera
donc mardi sa cinquième semaine de grève, s'enlise. Hier, une réunion d'information
au personnel que les syndicalistes et grévistes ont boycotté, a donné l'occasion au
Pdg de Bestfoods France M. Desforges, de rappeler les propositions de la direction.
Elle accorde une augmentation salariale de 8 % et une prime de 800 € pour l'ensemble
du personnel. Cette proposition a aussitôt était rejetée par l'intersyndicale
(FO, CGT, CFDT et CFTC) pour qui ces chiffres sont une régression et qui demande
à la direction de revenir aux propositions faites le 18 juillet dernier ( !).
« Nous ne pouvons pas aller au-delà » souligne Guirec Daniel, le directeur de
cette unité fabriquant des sauces et des soupes en brique et qui avec près de 85
ouvriers à la production en grève, tourne fortement au ralenti ; seule une ligne
de production sur six fonctionne. A Duppigheim, c'est donc un retour à la case
départ où cependant de nombreuses voix commencent à s'élever parmi les 233 salariés
contre ce mouvement en fustigeant « le diktat des grévistes » et en craignant
« que l'on aille droit dans le mur »!
R.H.


Un rapport d'audit commandé par la direction de l'usine Knorr de
Duppigheim à un organisme privé, le cabinet Both, a été rendu en février 2003.
Les conclusions n'ont pas surpris les syndicats qui bataillent quotidiennement contre
les pressions, sanctions, retenues sur salaires et autres mises à pied intempestives.
Petit florilège accablant.
" La situation est explosive et il y a urgence à amorcer un travail de fond et global au
niveau du management de l'usine (...). Le potentiel de bonnes volontés et même de passion
dans l'usine est évident. Mais compte tenu du moral des troupes, ce capital de bonne volonté
est aujourd'hui inhibé (...). L'usine est de plus en plus dans une situation fragile.
Dans le climat qui règne aujourd'hui, il suffirait d'un rien pour mettre le feu aux poudres.
La cause majeure en est le management (...). Le mode de management est plus culpabilisant
que responsabilisant. Il met systématiquement le doigt sur ce qui ne va pas et jamais sur ce
qui va. En plus de générer de la peur, cela est vécu comme une profonde injustice.
Il n'y a pas de reconnaissance. "
F. C.
Trop simpliste d'accuser les syndicats et surtout la CGT d'être à l'origine du mouvement !!!!!!!
Knorr : le conflit dans sa cinquième
semaine
Dans la zone d'activités de Duppigheim, aux portes de Strasbourg, le
soleil tape dur et s'il n'y avait les banderoles annonçant "Usine en
grève" assorties de quelques slogans, le parking de l'entrée de Knorr ferait penser à un village de vacances.
On y trouve en effet un petit chapiteau, un coin repas, des tables et des
chaises, sans oublier une tente et une petite piscine. « Nous
nous sommes donnés les moyens de tenir, mais que l'on ne s'y trompe pas,
la détermination des syndicats et des grévistes présents aux portes de
l'usine jour et nuit reste entière » lancent Didier et Léa,
représentants de l'intersyndicale, en soulignant la motivation de leurs
troupes. « Ils sont là sans faiblir depuis le premier jour du
conflit, le plus long qu'aura connu Knorr. »

Sous la tente installée sur le site, la détermination
des grévistes reste intacte.(Photo DNA - Franck Delhomme)








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Merci à tous pour votre soutien.